{"id":3277,"date":"2018-06-25T11:07:14","date_gmt":"2018-06-25T09:07:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.bischoefe.ch\/?p=3277"},"modified":"2020-07-02T17:16:49","modified_gmt":"2020-07-02T15:16:49","slug":"homelie-du-saint-pere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/staging.sbkcescvs.ch\/eveques\/homelie-du-saint-pere\/","title":{"rendered":"HOM\u00c9LIE DU SAINT-P\u00c8RE"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Jeudi 21 juin 2018 &#8211; Palexpo (Gen\u00e8ve)<\/h3>\n\n\n<div id=\"yui_3_15_0_1_1589792856171_200\" class=\"attribute-sub_title\">\u00a0<\/div>\n<div class=\"attribute-short_description\">\n<p><strong><i>P\u00e8re, pain, pardon.<\/i>\u00a0Trois paroles, que l\u2019Evangile d\u2019aujourd\u2019hui nous donne. Trois paroles, qui nous conduisent au c\u0153ur de la foi.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"attribute-description\">\n<p><b>\u00ab\u00a0P\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/b>\u00a0Ainsi commence la pri\u00e8re. On peut poursuivre avec des paroles diff\u00e9rentes, mais on ne peut pas oublier la premi\u00e8re, parce que la parole \u201cP\u00e8re\u201d est la cl\u00e9 d\u2019acc\u00e8s au c\u0153ur de Dieu\u00a0; parce que c\u2019est seulement en disant P\u00e8re que nous prions en langue chr\u00e9tienne. Nous prions \u201cen chr\u00e9tien\u201d : non un Dieu g\u00e9n\u00e9rique, mais Dieu qui est surtout Papa. J\u00e9sus, en effet, nous a demand\u00e9 de dire \u00ab\u00a0Notre P\u00e8re qui es aux Cieux\u00a0\u00bb, non \u201cDieu des cieux qui es P\u00e8re\u201d. Avant tout, avant d\u2019\u00eatre infini et \u00e9ternel, Dieu est P\u00e8re.<\/p>\n<p>De lui vient toute paternit\u00e9 et maternit\u00e9. En lui est l\u2019origine de tout le bien et de notre vie-m\u00eame. \u00ab\u00a0Notre P\u00e8re\u00a0\u00bb est alors la formule de la vie, celle qui r\u00e9v\u00e8le notre identit\u00e9\u00a0: nous sommes des enfants bien-aim\u00e9s. C\u2019est la formule qui r\u00e9sout le th\u00e9or\u00e8me de la solitude et le probl\u00e8me d\u2019\u00eatre orphelin. C\u2019est l\u2019\u00e9quation qui indique que faire\u00a0: aimer Dieu, notre P\u00e8re, et les autres, nos fr\u00e8res. C\u2019est la pri\u00e8re du nous, de l\u2019Eglise\u00a0; une pri\u00e8re sans je et sans mien, toujours au tu de Dieu (\u00ab\u00a0ton nom\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ton r\u00e8gne\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0ta volont\u00e9\u00a0\u00bb) et qui se conjugue seulement \u00e0 la premi\u00e8re personne du pluriel. \u00ab\u00a0Notre P\u00e8re\u00a0\u00bb, deux paroles qui nous offrent la signal\u00e9tique de la vie spirituelle.<\/p>\n<p>Ainsi, chaque fois que nous faisons le signe de la croix au d\u00e9but de la journ\u00e9e et avant toute activit\u00e9 importante, chaque fois que nous disons\u00a0\u00ab\u00a0notre P\u00e8re\u00a0\u00bb, nous nous r\u00e9approprions les racines qui nous fondent. Nous en avons besoin dans nos soci\u00e9t\u00e9s souvent d\u00e9racin\u00e9es. Le \u00ab\u00a0notre P\u00e8re\u00a0\u00bb fortifie nos racines. Quand il y a le p\u00e8re, personne n\u2019est exclu\u00a0; la peur et l\u2019incertitude n\u2019ont pas le dessus. La m\u00e9moire du bien r\u00e9appara\u00eet, parce que dans le c\u0153ur du P\u00e8re nous ne sommes pas des figurants virtuels, mais des enfants aim\u00e9s. Il ne nous rassemble pas en groupes de partage, mais il nous r\u00e9g\u00e9n\u00e8re ensemble comme famille.<\/p>\n<p>Ne nous fatiguons pas de dire \u00ab\u00a0notre P\u00e8re\u00a0\u00bb\u00a0: cela nous rappellera qu\u2019il n\u2019existe aucun enfant sans P\u00e8re et donc qu\u2019aucun de nous n\u2019est seul dans ce monde. Mais cela nous rappellera aussi qu\u2019il n\u2019y a pas de P\u00e8re sans enfants\u00a0: aucun de nous est enfant unique, chacun doit prendre soin des fr\u00e8res de l\u2019unique famille humaine. En disant \u00ab\u00a0notre P\u00e8re\u00a0\u00bb nous affirmons que tout \u00eatre humain nous appartient, et devant les m\u00e9chancet\u00e9s si nombreuses qui offensent le visage du P\u00e8re, nous ses enfants, sommes appel\u00e9s \u00e0 r\u00e9agir comme des fr\u00e8res, comme de bons gardiens de notre famille, et \u00e0 faire en sorte qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019indiff\u00e9rence envers le fr\u00e8re, envers chaque fr\u00e8re\u00a0: de l\u2019enfant qui n\u2019est pas encore n\u00e9 comme de la personne \u00e2g\u00e9e qui ne parle plus, de celui qu\u2019on conna\u00eet et \u00e0 qui on n\u2019arrive pas \u00e0 pardonner comme du pauvre rejet\u00e9. Le P\u00e8re nous demande\u00a0cela, il nous commande\u00a0: de nous aimer avec des c\u0153urs d\u2019enfants, qui sont entre eux des fr\u00e8res.<\/p>\n<p><b>Pain.<\/b>\u00a0J\u00e9sus dit de demander chaque jour au P\u00e8re le pain. Cela ne sert \u00e0 rien de demander plus\u00a0: seulement le pain, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019essentiel pour vivre. Le pain est d\u2019abord la nourriture suffisante pour aujourd\u2019hui, pour la sant\u00e9, pour le travail d\u2019aujourd\u2019hui\u00a0; cette nourriture qui malheureusement manque \u00e0 tant de nos fr\u00e8res et s\u0153urs. Pour cela je dis\u00a0: attention \u00e0 qui sp\u00e9cule sur le pain\u00a0! La nourriture de base pour la vie quotidienne des peuples doit \u00eatre accessible \u00e0 tous.<\/p>\n<p>Demander le pain quotidien c\u2019est dire aussi\u00a0: \u201cP\u00e8re, aide-moi \u00e0 avoir une vie plus simple\u201d. La vie est devenue si compliqu\u00e9e. Je voudrais dire qu\u2019aujourd\u2019hui, pour beaucoup elle est comme \u201cdrogu\u00e9e\u201d : on court du matin au soir, parmi mille appels et messages, incapables de s\u2019arr\u00eater devant les visages, immerg\u00e9s dans une complexit\u00e9 qui rend fragiles et dans une rapidit\u00e9 qui alimente l\u2019anxi\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Un choix de vie sobre, libre des boulets superflus s\u2019impose. Un choix \u00e0 contre-courant, comme le fit en son temps saint Louis de Gonzague, dont nous rappelons le souvenir aujourd\u2019hui. Le choix de renoncer \u00e0 tant de choses qui remplissent la vie mais vident le c\u0153ur. Fr\u00e8res et s\u0153urs, choisissons la simplicit\u00e9, la simplicit\u00e9 du pain pour retrouver le courage du silence et de la pri\u00e8re, levain d\u2019une vie v\u00e9ritablement humaine.\u00a0<b>Choisissons les personnes par rapport aux choses,<\/b>\u00a0parce qu\u2019elles suscitent des relations personnelles, non virtuelles. Revenons \u00e0 aimer le parfum naturel de qui nous entoure. Quand j\u2019\u00e9tais petit, \u00e0 la maison, si le pain tombait de la table, on nous apprenait \u00e0 le ramasser tout de suite et \u00e0 l\u2019embrasser. Appr\u00e9cier ce que nous avons de simple chaque jour\u00a0: ne pas prendre et jeter, mais appr\u00e9cier et garder.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0Pain quotidien\u00a0\u00bb, ensuite, ne l\u2019oublions pas, c\u2019est J\u00e9sus. Sans lui nous ne pouvons rien faire. C\u2019est Lui l\u2019aliment de base pour bien vivre. Parfois, cependant, nous r\u00e9duisons J\u00e9sus \u00e0 une garniture. Mais s\u2019il n\u2019est pas notre nourriture de vie, le centre de nos journ\u00e9es, la respiration de notre quotidien, tout est vain, tout est garniture. En demandant le pain nous demandons au P\u00e8re et nous nous disons \u00e0 nous-m\u00eame chaque jour\u00a0: simplicit\u00e9 de vie, souci de ceux qui nous entourent, J\u00e9sus en tout et avant tout.<\/p>\n<p><b>Pardon.<\/b>\u00a0Il est difficile de pardonner, nous portons toujours en nous un peu de regret, de rancune, et quand nous sommes provoqu\u00e9s par celui \u00e0 qui nous avons d\u00e9j\u00e0 pardonn\u00e9, la ranc\u0153ur revient avec les int\u00e9r\u00eats. Mais le Seigneur exige comme don notre pardon. Cela fait penser que l\u2019unique commentaire original du Notre P\u00e8re, celui de J\u00e9sus, se concentre en une seule phrase\u00a0: \u00ab\u00a0Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre P\u00e8re c\u00e9leste vous pardonnera aussi. Si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre P\u00e8re non plus ne pardonnera pas vos fautes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019unique commentaire que fait le Seigneur\u00a0! Le pardon est la clause contraignante du Notre P\u00e8re. Dieu nous lib\u00e8re le c\u0153ur de tout p\u00e9ch\u00e9, Dieu pardonne tout, tout, mais il demande une chose\u00a0: que nous ne nous fatiguions pas de pardonner \u00e0 notre tour. Il veut de la part de chacun de nous une amnistie g\u00e9n\u00e9rale des fautes d\u2019autrui. Il faudrait faire une belle radiographie du c\u0153ur, pour voir si en nous, il y a des blocages, des obstacles au pardon, des pierres \u00e0 enlever. Et alors dire au P\u00e8re\u00a0: \u201cVois ce bloc de pierre, je te le confie et je te prie pour cette personne, pour cette situation\u00a0; m\u00eame si j\u2019ai de la peine \u00e0 pardonner, je te demande la force de le faire\u201d.<\/p>\n<p>Le pardon renouvelle, le pardon fait des miracles. Pierre a fait l\u2019exp\u00e9rience du pardon de J\u00e9sus et il devint pasteur de son troupeau\u00a0; Saul est devenu Paul apr\u00e8s le pardon re\u00e7u d\u2019Etienne\u00a0; chacun de nous rena\u00eet cr\u00e9ature nouvelle quand, pardonn\u00e9 par le P\u00e8re, il aime ses fr\u00e8res. Alors seulement nous introduisons dans le monde de vraies nouveaut\u00e9s, parce qu\u2019il n\u2019y a pas de nouveaut\u00e9 plus grande que le pardon, ce pardon qui change le mal en bien. Nous le voyons dans l\u2019histoire chr\u00e9tienne. Nous pardonner entre nous, nous red\u00e9couvrir fr\u00e8res apr\u00e8s des si\u00e8cles de controverses et de d\u00e9chirures, que de bien cela nous a fait et continue \u00e0 nous faire\u00a0! Le P\u00e8re est heureux quand nous nous aimons et nous pardonnons d\u2019un c\u0153ur sinc\u00e8re. Et alors, il nous donne son Esprit. Demandons cette gr\u00e2ce\u00a0: de ne pas nous retrancher avec un c\u0153ur endurci, en exigeant toujours des autres, mais de faire le premier pas, dans la pri\u00e8re, dans la rencontre fraternelle, dans la charit\u00e9 concr\u00e8te. Ainsi nous serons plus semblables au P\u00e8re, qui nous aime sans rechercher son avantage\u00a0; et il r\u00e9pandra sur nous l\u2019Esprit d\u2019unit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jeudi 21 juin 2018 &#8211; Palexpo (Gen\u00e8ve) \u00a0 P\u00e8re, pain, pardon.\u00a0Trois paroles, que l\u2019Evangile d\u2019aujourd\u2019hui nous donne. Trois paroles, qui nous conduisent au c\u0153ur de la foi. \u00ab\u00a0P\u00e8re\u00a0\u00bb.\u00a0Ainsi commence la pri\u00e8re. 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